J'ai donné un cours de politique économique à Liège. Voici le powerpoint que j'ai utilisé en support.
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J'ai donné un cours de politique économique à Liège. Voici le powerpoint que j'ai utilisé en support.
Réformes institutionnelles : une opportunité d’améliorer l’efficacité des politiques publiques
(Publié en 2009
dans la revue de la Faculté de Droit de l'ULg)
I. Introduction
La structure de l’État belge telle que nous la connaissons aujourd’hui « n’est pas sortie toute faite de l’imagination d’un homme, de la revendication d’une classe politique, de la volonté d’un peuple ou de l’essence surréaliste d’une nation. Le passage d’une structure unitaire à une structure fédérale (…) a été progressif. Cette transformation est l’aboutissement d’un long processus qui s’étale sur un quart de siècle et qui trouve son origine bien avant les décisions constitutionnelles qui en ont constitué les principales étapes »[1].
Ce processus déboucha sur quatre vagues successives de réformes institutionnelles en 1970, 1980, 1988-1989 et 1993 qui transformèrent l'Etat unitaire en un Etat fédéral. Même si la réforme de 1993 avait notamment pour objectif « d’achever la structure fédérale belge », les demandes notamment au nord du pays de poursuivre la fédéralisation de l’Etat ne s’estompèrent pas et une nouvelle étape fut ainsi franchie en 2001. Cette dernière répondait partiellement aux demandes d’autonomie fiscale du nord et de refinancement de l’enseignement au sud du pays.
Depuis les élections de juin 2007, la Belgique est confrontée à de nouvelles tensions communautaires, que l’échec des négociations institutionnelles de 2005 a contribué à exacerber. La Flandre revendique une « grande » réforme de l’Etat impliquant le transfert de nouvelles compétences importantes vers les Régions et les Communautés, et, parallèlement, un accroissement significatif de l’autonomie fiscale. Ces revendications sont connues de longue date. Elles sont synthétisées dans les cinq résolutions du Parlement flamand de 1999 votées à une large majorité. Même si une partie d’entre elles ont été rencontrées en 2001 notamment en termes de compétences et d’autonomie fiscale, elles ont été au centre de la campagne électorale flamande de 2007. Plusieurs arguments sont avancés à l’appui de ces revendications : les compétences seraient excessivement dispersées entre les différents niveaux de pouvoir, insuffisamment homogènes, ce qui nuirait à l’efficacité des politiques menées, le modèle actuel serait un fédéralisme de consommation où les entités fédérées ne seraient pas suffisamment responsables, le financement actuel mettrait en péril l’Etat fédéral et la Sécurité sociale, les critères de répartition des moyens entre les entités fédérées ne seraient pas suffisamment objectifs, etc.
Alors qu’une fédération émerge souvent d'un accord initial entre un nombre d'États séparés, la Belgique a connu le phénomène inverse, « glissant » progressivement d’un état unitaire vers un état fédéral. En Belgique, ce transfert de compétences était basé sur l’idée que les matières à régionaliser ou à communautariser seraient mieux réglées au plan régional ou communautaire qu’elles ne l’étaient à l’échelon fédéral. Tout est alors dans la définition de ce mieux qui est chez nous une construction aux variables innombrables dont la plus constante, du côté flamand, est la volonté de s’affranchir au maximum de la discussion à l’échelon fédéral ainsi que de la solidarité fédérale.
Quoi qu’il en soit, la décentralisation, comme la centralisation d’ailleurs, peuvent être sources de bien-être supplémentaire pour les citoyens des différentes entités. Au plan théorique, il n’est donc pas opportun de refuser a priori une éventuelle modification de la répartition des compétences entre l’Etat fédéral belge et les entités fédérées, dans un sens comme dans l’autre.
Notons également que même si la répartition des compétences entre les différentes entités résulte de considérations plus largement politiques ou culturelles, il n’en demeure pas moins que le résultat n’est pas très éloigné des principes définis dans la littérature économique. Cela n’exclut pas l’existence de certains problèmes et la possibilité d’amélioration de notre fédéralisme. Notre système fédéral est donc bien évolutif. Cependant, une modification ne peut réduire le bien-être d’une ou de plusieurs des entités[2]. L’analyse développée dans cet article s’appuie sur un modèle fédéral coopératif mais basé principalement sur les trois Régions : Wallonie, Flandre et Bruxelles. Deux aspects seront développés : d’une part, quelles sont les améliorations envisageables de répartition de compétences entre l’Etat fédéral et les entités fédérées et d’autre part, comment pouvons-nous organiser plus efficacement les compétences au niveau wallon, bruxellois et francophone ?
II. Des avancées au niveau fédéral
Une plus grande capacité d’action des entités fédérées peut aller de pair avec celle de l’Etat fédéral en positionnant chaque entité sur des champs de compétence bien circonscrits, ce qui permet à chaque entité de mener des politiques plus efficaces et à l’ensemble du modèle fédéral d’être plus cohérent. Le manque de lisibilité du système auquel nous sommes actuellement confrontés génère en effet une perte confiance chez le citoyen quant à la possibilité que les institutions soient en mesure de procurer un bien-être collectif. Par ailleurs, la superposition de compétences à plusieurs niveaux de pouvoir implique parfois de multiples initiatives politiques pas nécessairement coordonnées.
Le pré-requis à toute réforme institutionnelle fédérale est le maintien d’une sécurité sociale forte entre tous les citoyens, de quelle qu’entité fédérée qu’ils proviennent, et une solidarité forte entre les entités fédérales belges. Cela sous-entend bien évidemment que la Sécurité sociale soit durablement financée pour permettre de garantir le financement des pensions des prochaines générations et offrir à tous les citoyens des soins de santé de qualité. Pour ce faire, il faut veiller à un financement cohérent de la structure fédérale belge mais aussi à mettre en œuvre les politiques appropriées pour permettre à davantage de citoyens de disposer d’un emploi et ainsi participer à la pérennisation de notre modèle d’Etat providence.
Le droit du travail, la politique salariale et la sécurité sociale dans tous ses piliers et mécanismes de financement doivent demeurer du ressort de l’autorité fédérale.
Par contre, les Régions[3] doivent pouvoir exercer l’ensemble des compétences nécessaires à leur mission principale en matière de développement économique et de politique de l’emploi, à savoir l’accompagnement et le suivi actifs – en ce compris la formation (formation en alternance, congé éducation payé) - des demandeurs d’emploi et des travailleurs et ce, au regard des spécificités de leurs marchés du travail respectifs. Ainsi, les règles générales en matière d’emploi convenable et de dispense de disponibilité doivent rester fédérales tandis que leur application concrète s’opère au niveau des Régions, lesquelles doivent, dans ce cadre, prendre des engagements vis-à-vis de l’Etat fédéral.
Certaines compétences en matière d’emploi sont restées fédérales et pourraient être transférées aux Régions. Il s’agit de dispositifs d’insertion et d’emploi (les ALE, l’outplacement, l’accompagnement des travailleurs victimes de restructurations ainsi que les règles d’octroi de permis de travail temporaire).
Enfin, en matière de réduction de cotisations sociales et de plan d’embauche, les systèmes en place doivent, dans le respect de la concertation sociale, être simplifiés et mieux ciblés et adaptés aux réalités régionales.
Ce renforcement des compétences des entités fédérées doit s’accompagner d’un mécanisme de responsabilisation. Il doit tenir compte des besoins et possibilités de chacun, avec pour résultat, des retombées positives tant pour les Régions que pour l’Etat fédéral. Pour garantir la coordination des politiques de l’emploi et la maximalisation des effets multiplicateurs, on pourrait envisager, comme pour la politique budgétaire, un cadre définissant les stratégies des Régions et de l’Etat fédéral. L’évaluation des politiques menées aux différents niveaux de pouvoir pourrait être confiée à des organismes compétents comme le Conseil supérieur de l’emploi et le Conseil central de l’Economie, …
III. Une réforme des institutions wallonne, bruxelloise et francophone
La volonté politique flamande d’un approfondissement radical de l’autonomie des entités fédérées, l’aspiration à voir la Belgique évoluer vers un modèle confédéral, ont amené les Wallons et les Bruxellois à s’interroger sur leur avenir et leur devenir communs. C’est ainsi qu’en novembre 2007, un groupe Wallonie-Bruxelles a été mis en place en vue de se pencher sur l’avenir des institutions francophones et l’aménagement des compétences au sein de l’espace Wallonie-Bruxelles.
En avril 2008, les ministres-présidents de la Région wallonne et de la Région de Bruxelles-Capitale ont pris position dans ce débat, en développant un plaidoyer bi-régional dans le cadre duquel ils ont exprimé la conviction commune selon laquelle « Seules des Régions wallonne et bruxelloise fortes, établies sur pied d’égalité, permettront aux Wallons et aux Bruxellois de se fédérer et d’organiser de manière efficace les synergies et solidarités auxquelles ils aspirent, au service de leurs intérêts communs et respectifs. Une fédération bi-régionale Wallonie-Bruxelles sera ce trait d’union équitable et efficace dont nous avons besoin ».
Dans l’évolution institutionnelle belge actuelle, l’analyse développée par les deux ministres-présidents est intéressante. Une certaine redistribution des compétences communautaires en direction des Régions serait bénéfique pour l’ensemble des citoyens, l’objectif étant l’amélioration des services rendus à la population wallonne et bruxelloise tant francophone, néerlandophone que germanophone.
Les institutions, dès lors qu’il est acquis qu’elles s’enracinent dans le terreau démocratique, n’ont pas de valeur en soi ; elles peuvent être redessinées plus ou moins fondamentalement s’il apparaît que ces aménagements servent les intérêts légitimes des citoyens, contribuent à améliorer leur bien-être. La démarche adéquate consiste à jauger la pertinence du schéma institutionnel qui s’applique aujourd’hui en Wallonie, à l’aune des intérêts légitimes de ses habitants. En d’autres termes, ces intérêts sont-ils servis de manière optimale dans le schéma institutionnel actuel ?
Dans ce contexte, deux paramètres peuvent être mis en avant.
Le premier concerne la lisibilité du modèle institutionnel applicable au sud du pays. La circonstance qu’une institution apparaît comme peu ou pas compréhensible pour le citoyen, pose un problème que les responsables politiques ne doivent pas chercher à éluder. La dualité institutionnelle actuelle, où existe, à côté de la Région wallonne, une Communauté française, induit de l’incompréhension dans l’esprit de bon nombre de nos concitoyens. Combien de personnes en Wallonie seraient par exemple en mesure de dire qui compose le Parlement de la Communauté française ou dans quelles limites territoriales la Communauté française exerce ses compétences ? Hélas, sans doute, une infime minorité. Un tel constat, à propos d’une institution qui a entre ses mains des compétences aussi stratégiques que l’enseignement et la culture, pose fondamentalement question. Cette situation est-elle sans remède ?
Le deuxième paramètre concerne les compétences. Les compétences communautaires sont essentielles pour mener une politique économique cohérente dans les Régions. Qui peut contester aujourd’hui que le point essentiel à la poursuite du redéploiement économique est l’amélioration de son enseignement et sa meilleure adéquation aux besoins rencontrés par l’ensemble des opérateurs économiques ? Pourquoi la Wallonie ne pourrait-elle pas financer un programme de recherche fondamentale ambitieux renforçant sa politique industrielle ?
La simplification des institutions francophones
Alors qu’en Flandre, une même institution, la Communauté flamande, exerce à la fois les compétences communautaires et régionales, au sud du pays, la coexistence de la Région wallonne et de la Communauté française a été consacrée.
Le modèle moniste, aux yeux du monde politique wallon, n’a jamais paru sérieusement transposable au sud du pays, dès lors qu’il eût impliqué la dilution de la Région wallonne dans la Communauté française, et donc la négation pure et simple de cette Région. L’idée d’un fédéralisme basé sur l’existence de quatre entités – la Communauté flamande, la Communauté française, la Région bruxelloise et la Communauté germanophone -, constitue une aberration sur le plan sociologique et politique. On ne peut pas faire abstraction du fait régional wallon.
On doit constater aujourd’hui qu’au sein de l’espace Wallonie-Bruxelles, les Régions wallonne et bruxelloise constituent des données institutionnelles incontournables.
Un autre constat s’impose avec la force de l’évidence : des trois entités que constituent la Région wallonne, la Région de Bruxelles-capitale et la Communauté française, c’est cette dernière institution qui constitue le niveau de pouvoir le moins lisible pour le citoyen. Les Bruxellois et les Wallons s’identifient aisément à leur Région, mais cela semble beaucoup moins le cas pour la Communauté française, qui leur apparaît comme une institution opaque, dont la composition et l’exercice des compétences obéissent à des règles complexes, hors de portée de nombre de nos concitoyens. Notons par ailleurs qu’il n’existe dans le monde aucun état fédéral dont les entités fédérées (qu’elles soient des cantons, des länder, des states, des negens, …) ne sont pas déterminées sur base territoriale.
Des solutions peuvent être mises en avant pour améliorer la lisibilité de l’institution communautaire. Il est possible, en effet, et souhaitable, de reconfigurer la Communauté française, en la redéfinissant, de manière explicite, comme un lieu de rencontre et de solidarité entre les Wallons et les Bruxellois francophones, dans le cadre duquel ceux-ci s’entendent pour gérer en commun une série de matières, à définir. Cette approche rejoint l’idée d’une fédération Wallonie-Bruxelles promue en avril 2008 par les ministres-présidents wallon et bruxellois.
A. Les lignes de force de la refondation
Il s’agirait de transférer le solde de compétences exercées par la Communauté française à la Région wallonne et aux francophones de la Région bruxelloise (ci-après la Cocof), comme le permet l’article 138 de la Constitution. De façon à maintenir l’existence d’un lien institutionnel entre les Wallons et les Bruxellois francophones, ce transfert s’accompagnerait d’une gestion commune, par la Région wallonne et la Cocof, des matières communautaires au sens de la Constitution et des lois spéciales, que les élus wallons et bruxellois francophones décideraient de soumettre au régime de la gestion commune. Au niveau bruxellois, une intégration plus forte de la Cocof et de la Région bruxelloise pourrait même être envisagée à condition que des mécanismes permettant de garantir l’effectivité des prises de décision au bénéfice des francophones soient mis en place.
Sur le plan institutionnel, cette gestion commune se traduirait, au niveau des matières communautaires maintenues en commun, par la tenue d’un Gouvernement commun, par la possibilité de créer des services administratifs communs, par la tenue de réunions parlementaires conjointes (commissions, plénières) dans le cadre d’un parlement réuni, et par l’élaboration d’un budget commun.
Afin de conférer un caractère structurel à cette gestion commune, les règles concernant le fonctionnement du Gouvernement commun et du Parlement réuni, pourraient soit faire l’objet de décrets adoptés à la majorité des 2/3 dans chaque assemblée (Région wallonne et Cocof), soit être inscrites dans la loi spéciale tout en pouvant être modifiées par voie de décrets adoptés à la majorité des 2/3 dans chaque assemblée.
L’accord entre francophones sur les matières à gérer en commun et sur le modèle institutionnel constituerait un préalable à la mise en oeuvre de la formule : la Communauté française subsisterait dans son fonctionnement actuel, jusqu’au moment où un tel accord serait dégagé.
B. Avantages de la formule
L’actuelle Communauté française disparaîtrait et serait remplacée par un modèle institutionnel explicitement fondé sur une coopération renforcée entre les deux Régions, appelées à gérer ensemble les matières définies comme communes.
Le modèle institutionnel serait simplifié : il n’y aurait plus de Communauté française comme telle mais des matières communes gérées par les Régions, ensemble, dans le cadre de réunions conjointes des Gouvernements et des Parlements.
Le lien structurel entre les Wallons et les Bruxellois serait maintenu et pourrait même être renforcé dans l’hypothèse où la réforme de l’Etat se traduirait par de nouvelles et importantes défédéralisations de compétences. La structure commune pourrait servir de réceptacle à certaines compétences transférées, s’il apparaît aux Wallons et aux Bruxellois francophones qu’il convient de les soumettre au régime de la gestion commune.
La cohérence de la refondation institutionnelle proposée avec le principe selon lequel, pour les Wallons et les Bruxellois, les Régions sont les entités fédérées de référence, serait parfaite, puisque la gestion commune des matières communautaires trouverait son fondement dans une décision prise par les deux Régions.
C. Mise en œuvre de la formule
La mise en œuvre de la formule bi-régionale suppose de trancher un certain nombre de questions concrètes, concernant la composition et le fonctionnement du Parlement commun (1), la composition et le fonctionnement du Gouvernement commun (2), et le siège de ces institutions (3).
1. Composition et fonctionnement du Parlement commun
Le Parlement commun pourrait être composé et fonctionner comme l’actuel Parlement de la Communauté française (75 wallons et 19 Bruxellois), ou comprendre tous les parlementaires wallons (75) et tous les parlementaires bruxellois francophones (72), ou être constitué d’une émanation de ces deux parlements, selon des modalités à déterminer. Dans ce dernier contexte, il pourrait s’agir d’une représentation, sinon égalitaire, à tout le moins, assurant une surreprésentation aux Bruxellois, de manière à leur permettre d’atteindre la masse critique adéquate.
Le choix en faveur de l’une de ces formules de composition peut n’être assorti d’aucune règle particulière ou bien s’accompagner d’un mécanisme de sonnette d’alarme ou bien encore d’un système en vertu duquel aucun décret ne peut être adopté s’il n’est pas soutenu par une majorité (ou par un tiers au moins) du groupe formé par les membres issus d’un Parlement régional.
2. Composition et fonctionnement du Gouvernement commun
a. Composition
Par définition, le Gouvernement commun serait composé de ministres régionaux.
Il convient d’écarter la formule où tous les ministres régionaux siègeraient, afin de prévenir la mise en place d’un Gouvernement commun pléthorique [4], et de prévoir un nombre limité de ministres appelés à participer au Gouvernement commun, à déterminer en fonction du volume des matières soumises à la gestion commune, et qui ne devrait pas dépasser les cinq unités. Cette modalité n’empêcherait pas le Gouvernement commun d’inviter à ses réunions d’autres ministres régionaux, en fonction du contenu de l’ordre du jour.
Le Gouvernement commun pourrait être composé selon la formule actuelle (et compter au moins un ministre bruxellois[5]), ou selon une formule d’inspiration paritaire dans le cadre de laquelle le Gouvernement commun compterait autant de membres du Gouvernement de la Région wallonne que de membres du Gouvernement de la Région de Bruxelles-capitale, à une unité près. Cette formule présente l’avantage de la souplesse. Elle permet de mettre en place un Gouvernement commun composé d’un ministre-président issu de la Région wallonne, de deux ministres régionaux wallons et de deux ministres régionaux bruxellois. Elle permet aussi de confier la fonction de ministre-président à un ministre bruxellois, sans que cela implique nécessairement que les membres bruxellois deviennent majoritaires au sein du Gouvernement commun, circonstance qui pourrait, en pratique, susciter des réticences à l’attribution de la fonction de ministre-président à un ministre bruxellois.
b. Fonctionnement
Le Gouvernement commun déciderait au consensus. La règle du consensus empêche les ministres issus d’une Région de décider contre la volonté des ministres issus de l’autre Région et est de nature, comme c’est le cas aujourd’hui au sein du Gouvernement de la Communauté française, à garantir la juste prise en compte des intérêts respectifs des Wallons et des Bruxellois dans la gestion des matières communes.
Par ailleurs, dans la logique du système bi-régional, les ministres régionaux au sein de l’organe commun devront, en pratique, bénéficier du soutien du gouvernement régional dont ils sont issus, quant aux positions qu’ils expriment.
c. Responsabilité politique
Dans la logique du schéma bi-régional, le Gouvernement commun est censé bénéficier du soutien d’une majorité d’élus issus du Parlement wallon ainsi que du soutien d’une majorité d’élus issus du Parlement de la Cocof. Toute autre formule aboutirait à ce que les institutions communes puissent mener des politiques contre la volonté d’une des deux Régions, ce qui est de nature à conduire à des tensions et à des blocages.
Dans le cadre de cette logique bi-régionale, le Gouvernement commun entrerait en fonction moyennant un vote de confiance exprimé à la majorité absolue des membres de chaque groupe d’élus régionaux (et donc aussi, à la majorité absolue des membres du Parlement réuni).
Le Gouvernement commun pourrait faire l’objet d’une motion de méfiance constructive dirigée contre un ou plusieurs ministres individuellement ou contre l’ensemble de ses membres.
En cas de motion de méfiance constructive émanant du Parlement commun, donc en rapport avec l’exercice de compétences communes, la motion ne serait recevable que si elle propose, pour remplacer le ou les ministre(s) visé(s) par la motion, un candidat qui est membre du Gouvernement régional dont est(/sont) issu(s) le(s) membre(s) visé(s) par la motion[6]. En fonction de son ampleur, le vote d’une telle motion pourra impliquer, en pratique, des remaniements au sein des Gouvernements régionaux.
En cas de motion de méfiance constructive adoptée par un Parlement régional donc dans le cadre des compétences régionales, à l’encontre d’un ministre par ailleurs membre du Gouvernement commun, ce ministre sera démissionnaire de plein droit du Gouvernement commun, par l’effet de la règle selon laquelle il faut être ministre régional pour être ministre du Gouvernement commun. Il appartiendra au Parlement réuni de le remplacer par un autre ministre régional (celui élu dans le cadre de la motion de méfiance constructive ou une autre personne).
3. Siège du Parlement et du Gouvernement réunis
Sous réserve d’une évaluation des inconvénients pratiques et stratégiques d’une telle solution, il semblerait logique que les instances communes se réunissent alternativement, selon un cycle à définir, aux sièges des Gouvernements et Parlements régionaux. Le dédoublement du siège des institutions communes permettrait d’assurer un double ancrage, wallon et bruxellois, à l’ex-instance communautaire, et pourrait faciliter l’appropriation par les Wallons et les Bruxellois du nouveau modèle.
IV. Conclusion
Comme il a été souligné supra, les institutions n’ont pas de valeur en soi ; elles n’ont un sens que si elles permettent d’améliorer le bien-être collectif de notre population.
Le Plan Marshall en est le meilleur exemple : la Wallonie est prête à prendre son destin en main ; Elle est prête à exercer et à assumer des compétences supplémentaires dans le cadre d’une future réforme de l’Etat.
La modeste contribution de cet article vise à tracer quelques pistes à cet égard. Dans un pays aussi complexe que la Belgique, elles ne pourront voir le jour qu’après de difficiles négociations et ne seront donc probablement jamais appliquées telles quelles.
Mais l’état d’esprit dans lequel elles ont été réfléchies devra, lui, perdurer et être celui à l’aune duquel nous examinerons les propositions soumises. Cet état d’esprit ne pourra se résumer à une simple affirmation régionaliste ou au sentiment d’impuissance face aux ukases du nord du pays. Par contre, nous devrons être conscients et confiants que l’octroi à la Wallonie de leviers supplémentaires en termes d’emploi, d’enseignement, de culture, … doit lui permettre de faire face aux défis auxquels elle sera confrontée demain.
[1] Lentzen E., Le processus de fédéralisation in Où va la Belgique ? Les soubresauts d’une petite démocratie européenne, L’Harmattan, 1998.
[2] Bayenet B., Capron H. et Liégeois Ph., L’espace Wallonie-Bruxelles, de Boeck, 2007.
[3] Voir infra
[4] Dans l’état actuel des choses, il pourrait compter 14 ministres. Le nombre maximum de ministres régionaux est en effet fixé à 9. Dans les matières communautaires exercées par décret, les secrétaires d’Etat bruxellois sont considérés comme des ministres à part entière, ce qui donne 5 ministres bruxellois.
[5] La règle actuelle est que le Gouvernement de la Communauté française doit compter au moins un ministre domicilié à Bruxelles. Ce ministre ne doit donc pas être membre du Gouvernement régional bruxellois. Dans le modèle bi-régional, les Bruxellois siégeant au sein du Gouvernement commun devraient être membres du Gouvernement de la Région bruxelloise.
[6] Ce qui suppose que tous les ministres régionaux ne composent pas le Gouvernement commun.
N’en déplaise à ceux que l’évolution institutionnelle hérisse, nos Régions se préparent activement à recevoir leur lot de compétences additionnelles. Pour peu que l’encre des transferts puisse sécher, on en commentera un jour la teneur et l’harmonie. A ce jour, toutefois, l’unique certitude réside dans le rôle de premier plan que la Wallonie, comme la Flandre et Bruxelles, toutes régions ‘à part entière’, seront amenées à jouer dans la Belgique du 21ème siècle.
Trentenaire, notre Wallonie a traversé au fil des âges quantité d’événements qui lui ont permis d’enraciner une personnalité trempée, empreinte de lucidité, foncièrement volontariste et ouverte sur le monde. Notre Région dispose ainsi d’une ancestrale rage de vaincre et d’une capacité croissante à se remettre en question, atouts autrement plus structurants que les aléas d’une conjoncture économique, par définition mouvante.
La Wallonie a ainsi compris qu’elle maitrisait son redéploiement, que son développement économique était généré par elle et pour elle. C’était l’objet hier du Contrat d’Avenir et du Plan Marshall. C’est aujourd’hui celui du Plan Marshall 2.vert, de l’Alliance Emploi-Environnement ou encore de Creative Wallonia.
La mise en œuvre de ces programmes structurants a déclenché la prise de conscience collective d’une identité wallonne, allergique à tout repli sur soi, et moteur dynamique du développement de sa Région, notre Région !
Il faut aujourd’hui encore aller plus loin. Les discussions ayant cours actuellement pour la formation d’un gouvernement fédéral le démontrent à l’envi : construire un projet collectif pour la Wallonie est le meilleur garant de la pérennité d’un Etat fédéral efficace, puissant rempart contre le séparatisme.
Cela nous oblige donc tous à réfléchir aux moyens permettant d’offrir une plus grande surface politique à la Wallonie et, dans ce cadre, nous devons constamment nous demander comment dynamiser encore la façon dont notre Région structure son espace public et démocratique. Non pas dans une réflexion purement institutionnelle, réservée à quelques commentateurs ou experts autodésignés, mais en ce que cela soutient le développement de ce projet.
Car que nous venions de Charleroi ou de Liège, vivions à Nivelles ou Dinant, travaillions à Arlon ou Mouscron, nous œuvrons à ce que l’intérêt suprême de la Wallonie transcende les intérêts sous-régionaux et locaux, sans pour autant les effacer.
Aussi, si nous voulons offrir à notre Wallonie une affirmation plus marquée du fait politique régional, une surface politique à la hauteur des nouveaux défis en instance de transfert, nous devons assumer davantage encore le devenir de notre Région en la dotant des symboles affirmant ce fait régional, telle une circonscription électorale à l’échelle de la Wallonie !
Notre Wallonie a en effet besoin de structurer institutionnellement la conscience politique régionale qui s’affirme différemment dans toutes les formations politiques. La confirmation parlementaire de cette incarnation régionale illustrerait sans ambages combien la Wallonie entend assumer pleinement son rang, et se doter des outils nécessaires au fonctionnement optimal de la Belgique du 21ème siècle.
La poursuite de ce projet wallon se trouvera accélérée par la réforme en profondeur que connaîtra notre pays et le rôle prépondérant que joueront les Régions dans le cadre des transferts des compétences. Les Régions seront la pierre angulaire du nouveau système institutionnel belge et devront donc être le réceptacle de nombreuses compétences transférées par l’Etat fédéral.
Cela nous obligera également à ouvrir un débat au sein de l’espace francophone sur l’organisation des compétences qui y sont exercées, car nous partageons l’idée qu’il est essentiel de restructurer et de simplifier les niveaux de pouvoir intermédiaire.
Car ce mouvement, la Wallonie le déploiera main dans la main avec Bruxelles, Région autonome et à part entière, dans le cadre d’une véritable Fédération Wallonie-Bruxelles, trait d’union institutionnel par excellence entre ces deux Régions, tout en garantissant, en Wallonie, un statut particulier à la Communauté germanophone.
Architectes de leur avenir, Wallonnes et Wallons nous trouveront avec tant d’autres à leurs côtés pour vaincre plus efficacement les derniers résidus des clichés éculés qui, à force de répétition, ont pu ronger leur désir d’assumer plus de responsabilités, à l’intérieur de l’indispensable Etat belge en voie de modernisation.
Camarades,
Il y a tout juste une semaine, Philippe Gilbert ponctuait son grand chelem ardennais avec une superbe victoire dans la Doyenne, Liège-Bastogne-Liège. Vendredi, le Standard a poursuivi l’incroyable parcours qui lui permet les rêves les plus fous. A travers ses sportifs aussi, la Wallonie reprend des couleurs.
Car la Wallonie gagne. Je le vois tous les jours. Même si certaines plaies sont longues à cicatriser. La Wallonie remporte des succès et fait connaître son excellence bien au-delà de nos frontières.
A travers le Contrat d’Avenir d’abord, le Plan Marshall ensuite, la Wallonie a retrouvé le goût et le chemin de la gagne. La hausse constante de nos exportations et l’accroissement du nombre de nos entreprises en attestent. Il reste évidemment du travail à accomplir et sans doute faudra-t-il longtemps encore remettre l’ouvrage sur le métier. Nous le savons mieux que quiconque et nous n’avons pas besoin des leçons que d’autres se croient autorisés à nous donner, avec un ton qui oscille entre condescendance et menaces à peine voilées.
Je l’ai déjà dit et je le répète une fois encore : la Wallonie n’a pas peur d’assumer des responsabilités supplémentaires. Au contraire, moi je le revendique. Mais il est évident qu’on ne peut pas nous demander d’être davantage responsables sans nous en donner les moyens. Il faut un minimum de cohérence.
Ces responsabilités nouvelles des Régions, des trois Régions, et ce sens des responsabilités réaffirmé par les Régions, les trois Régions, ils sont inscrits dans l’histoire.
Même si, et c’est peu de le dire, on ne voit pas très clair sur les négociations institutionnelles en cours, la Wallonie sera, demain, plus responsable de son destin qu’elle ne l’est aujourd’hui.
J’ai lancé voici peu un appel aux interlocuteurs sociaux pour qu’ensemble nous dessinions l’avenir de la Wallonie. Je le réitère aujourd’hui, 1er Mai, qui n’est pas un jour comme les autres puisque nous y fêtons le travail et les travailleurs. Il est en effet de notre devoir de tracer, ensemble, le chemin des 5, 10, 20 prochaines années pour que ce chemin soit celui de la croissance de la Wallonie. Croissance économique, certes, car elle est indispensable pour en partager les fruits, mais aussi et surtout croissance de la qualité de vie de chacun. Et, pourquoi n’aurions-nous pas le droit de le dire, croissance du bien-être et du bonheur pour tous, et singulièrement pour toutes celles et tous ceux qui en sont aujourd’hui le plus éloignés.
Camarades,
Cela fait plus d’un an, eh oui, que le gouvernement fédéral en place est démissionnaire. En « affaires courantes »… dit-on. Il est étonnant de noter, au passage, que lors de précédentes périodes de négociations institutionnelles, des gouvernements ordinaires n’ont pas eu droit à une longévité comme celle de ce gouvernement…en affaires courantes.
D’ailleurs, à bien y regarder, le gouvernement fédéral n’est pas en affaires courantes. Ce que nous connaissons, c’est au minimum un gouvernement transitoire, provisoire, intérimaire… Je vous laisse le choix de l’adjectif.
Que dire d’autre, en effet, d’un gouvernement qui prend des mesures fiscales, boucle un budget, remplace les interlocuteurs sociaux dans la conclusion d’un accord interprofessionnel…et nous fait entrer en guerre en Libye.
Que dire d’autre d’un gouvernement zélé qui remet sa copie sur le Pacte de stabilité européen avec une longueur d’avance sur ses petits condisciples et qui fait mieux que ce qu’on attend de lui. Et qui par ailleurs dépose un plan de réforme notamment sur le marché de l’emploi.
Il manque juste à ce gouvernement, avec tous les guillemets d’usage évidemment, une majorité solidaire tenue par une déclaration de politique générale et un programme.
Le contexte politique oblige donc le gouvernement fédéral à naviguer à vue, cabotant au gré des alizés parlementaires. D’aucuns me diront, un peu vite je crois, que cette situation a du bon malgré tout avec le rôle revigoré du Parlement. Dois-je rappeler que le parlement fédéral est majoritairement de droite – cette droite qui aime à se retrouver dans les restaurants étoilés tel que Bruneau - et que la majorité de cette majorité de droite est flamande tendance nationaliste. Doublement égoïste donc, pourrais-je ajouter.
Dans cette assemblée, ils sont nombreux à mépriser la solidarité interpersonnelle, une protection sociale et des services publics ambitieux, des pensions qui permettent de vivre dignement.
Ils sont nombreux à rêver à la suppression de l’indexation automatique des salaires.
Camarades,
Il y a deux ans la crise économique s’annonçait ; elle a explosé sous la crise financière. Nous avons vu à ce moment-là les banquiers courir comme des poules sans tête. Tout le monde nous a parlé de réforme, de régulation, du juste retour de la puissance publique et chacun jurait la main sur le cœur qu’on ne l’y reprendrait plus.
Deux ans plus tard que constate-t-on ? Que les comptes publics ont été déséquilibrés et que les marchés financiers qui spéculent contre des Etats n’ont aucun scrupule à générer de la misère. Qu’on a demandé aux travailleurs de faire des efforts pour sauver emplois et entreprises et qu’ils n’ont pour seul retour de ces efforts que leur indignation face à la ronde renouvelée des bonus inacceptables que s’accordent ceux qui nous ont conduits dans le mur. Le système néolibéral est plus indécent que jamais, prônant le chacun pour soi et semant l’égoïsme.
Certains fêtent aujourd’hui, en bleu, mais pas en bleu de travail, le printemps du profit. Et pendant ce temps, sur l’autre rive de la réussite, on parle de « génération galère » et de discrimination par le territoire. On voit des travailleurs vivre sous le seuil de pauvreté. Là, ce n’est pas « Plus belle la vie », c’est « plus chère la vie ».
Alors que les effets de la crise s’atténuent et qu’apparaissent des éléments de croissance, on ne peut être que scandalisé de constater qu’ils profitent à ceux qui ont causé la crise et non à ceux qui l’ont subie.
L’Europe a, à cet égard, un rôle majeur à jouer et nous devons tous la forcer à travailler à un véritable plan de relance plutôt qu’à s’abandonner aux financiers et à leurs diktats pour punir les Etats qui ne sanctionnent pas assez leur peuple.
Il serait temps aussi que les entreprises de l’économie réelle qui ont également souffert de la crise se démarquent de l’économie financière qui les étrangle plutôt qu’elle ne les soutient.
N’est-ce là que doux rêve et vœu pieux ? Je me refuse à l’accepter et je persiste à croire que la démocratie peut être un levier terriblement efficace de transformation.
Et, en effet, tout n’est-il pas possible quand à Tunis, dans les rues, on entend scander : « Le peuple est intelligent » ? Tout n’est-il pas possible quand les apathies, les désabusements deviennent volontés populaires pour renverser les dictatures ?
N’oublions surtout jamais que les angoisses et les frustrations font le bonheur des démagogues et que je vois aujourd’hui un défi titanesque pour la gauche, pour les gauches : inventer un nouveau compromis social dans une économie mondialisée. « Changer la vie » était-il écrit sur les murs de France, il y a 30 printemps. Et c’est cette espérance, cette foi dans l’amélioration des conditions de vie du peuple qui a conduit François Mitterrand à la présidence de la République française. Avec son lot de désillusions, c’est vrai, mais aussi avec des conquêtes majeures.
Au moment où nous sommes au croisement de notre destin, Camarades, c’est à nous, je vous le dis, de changer la vie.
Heureusement, de plus en plus de Wallons croient désormais en leur région, en cette Wallonie du Plan Marshall à qui, comme ses meilleurs sportifs et malgré les difficultés actuelles et passées, il arrive de plus en plus souvent de gagner. Je ne sais trop s’il nous faut à tout prix construire une improbable identité qui finirait tôt ou tard par isoler en affirmant. Je crois plus au sentiment partagé d’appartenance.
Souvenez-vous, c’était en 1961, au printemps. Une irruption populaire inédite. Un besoin éprouvé par le peuple wallon. Le Mouvement Populaire Wallon naissait.
On appartint au MPW parce qu’on mettait les intérêts de la Wallonie et des Wallons au-dessus de tous les autres.
Aujourd’hui, nous disons : sont Wallons celles et ceux qui ont choisi de vivre en Wallonie.
Si André Renard pouvait craindre une dilution de la Wallonie dans la Belgique unitaire, aujourd’hui, soyez-en convaincus avec moi, c’est la région qui est la voie de la réussite wallonne.
Comme le fédéralisme a dû en passer par la conscience populaire, l’appartenance wallonne sera populaire ou ne sera pas.
Nous savons aujourd’hui ce que représente un régionalisme politique moderne. Il nous reste une tâche à achever : rassembler toutes les énergies wallonnes pour la réussite de la Wallonie.
La Wallonie va mieux, elle a besoin d’un large mouvement populaire pour aller mieux encore. Et c’est le parti socialiste qui doit et va porter ce mouvement populaire en et pour la Wallonie.
Parce que la justice sociale est impensable sans le PS.
Parce que nous sommes tout à la fois, la force de progrès et de stabilité, d’émancipation et de protection. Parce que nous devons être la force d’avenir.
Bon Premier Mai à chacune et chacun d’entre vous.
Je vais adresser une circulaire aux universités et hautes écoles en Communauté française pour attirer leur attention sur l'intérêt, pour les étudiants, de ne pas devoir présenter d'examen le lendemain des élections législatives du 13 juin.
Je suis très attentif aux étudiants en kot qui pourraient éprouver des difficultés à aller voter du fait de la perspective d'un examen le lendemain.
J'enverrai dès lors une circulaire aux établissements, en attirant leur attention sur l'échéance électorale du 13 juin en pleine session d'examen. Il ne s'agit évidemment pas d'une injonction, ce sont les écoles qui déterminent seules les dates d'examen, tout comme leur gestion propre.
J'écrirai en outre au ministère de l'Intérieur pour demander de veiller à ce que les étudiants ne soient pas appelés à siéger comme assesseurs dans les bureaux de vote.
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